Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Comment j’ai perdu mon portefeuille des transports à Nantes et comment je l’ai retrouvé par le ministère de Mélenchon

Publié le par rue du blogule rouge

Comment j’ai perdu mon portefeuille des transports à Nantes et comment je l’ai retrouvé par le ministère de Mélenchon

Je ne le cache pas,  Mélenchon m’a séduit.

Pas seulement parce que c’est un beau parleur – il en faut aussi des beaux parleurs, pour convaincre ; pas seulement parce qu’une fois sa stratégie adoptée, il n’en varie pas et  au contraire paraît en sublimer l’efficacité ; pas seulement parce que c’est “un mec bien“ (j’ai eu une fois l’occasion de le côtoyer de près et de pouvoir en juger) mais surtout parce que les idées qu’il exprime si bien, j’ai la nette impression qu’elles ont toujours été les miennes. En tous les cas, celles de ma famille de pensée.

Ben oui, quoi : la misère, dans un pays si riche, c’est une honte ! Il est insupportable de la constater partout dans nos villes ou nos campagnes !

Ben oui, quoi, l’exploitation de l’homme (ou de la femme) par l’homme (ou, même parfois, mais moins souvent, par la femme) ça a assez duré. Les ultra-riches et leur bulle financière, on n’en veut plus !

Ben oui, quoi, notre 5ème République s’est constituée (aux sens historique et juridique du terme), dans des circonstances particulières (guerre d’Algérie) pour le bénéfice du général de Gaulle et de ses successeurs. Elle a maintenant presque 60 ans. Il serait temps d’en changer pour la démocratiser et redonner réellement le pouvoir au peuple.

Ben oui, quoi, le racisme me révulse, la xénophobie me révolte, la bigoterie me casse les pieds.

Ben oui, quoi, si on continue à armer le monde entier, à supporter Trump et son impérialisme, l’OTAN et l’Europe de la défense, on va droit vers une nouvelle guerre !

Ben oui, quoi, même si on a mis du temps à le comprendre, si on continue l’agriculture chimique, si on maintient à toute force l’énergie nucléaire en dépit des accidents possibles et du fait qu’on ignore quoi faire des déchets pour encore quelques milliers d’années, si on persiste à consommer du pétrole pour que chacun ait une enveloppe individuelle motorisée pour se déplacer, si on continue à consommer autant de viande, j’en passe et des meilleures, on va droit dans le mur ! Et droit au changement climatique qui commencera d’abord par mettre en péril et en mouvement des millions de gens et ensuite la planète entière si l’écosystème unique de la Terre est touché.

Pour toutes ces raisons, je me suis reconnu dans les idées prônées dès 2012 par le Front de gauche. L’Humain d’abord, ça me plaisait bien. 

J’ai participé au grand rassemblement de l’époque -défilé de Nation à Bastille- et j’ai pu constater avec satisfaction que les idées que je défendais dans ma jeunesse- et après (j’ai été adhérent de l’UEC, les étudiants communistes, puis du PCF lui-même avant de le quitter dans les années 90), étaient encore vivantes. Ces idées n’étaient pas mortes, elles n’étaient qu’en sommeil. Si la faucille ne croisait plus le marteau, au moins le rouge des drapeaux revenait. D’ailleurs, Mélenchon n’avait-il pas commencé son discours par “Nous nous sommes retrouvés, où étions-nous ? “, etc.

Cependant, pour militer pour le Front de Gauche, j’avais une gêne majeure : je n’étais plus encarté à un parti politique et en fait, je n’avais pas l’intention d’en reprendre. Lorsque sont venues des élections, je n’avais donc plus mon mot à dire. Seuls les partis constitués et, in fine, leurs appareils dirigeants, étaient habilités à discuter entre eux et à prendre éventuellement des décisions.  Ce système n’a pas tardé à provoquer les magouilles, les combines électoralistes, la tambouille coutumière, dont pourtant, ni “les gens“, ni moi, ne voulions plus.

C’est pourquoi, lorsque s’est constitué le mouvement de la France insoumise – mouvement ouvert à tous, encartés ou non- je l’ai regardé avec plaisir et attention. Voyant qu’un programme pour un avenir en commun se dessinait où l’écologie avait,  plus qu’avant, une place remarquable, qu'il reprenait tout à fait cependant  le sens des idées de l'humain d'abord, et qu’il était conçu, qui plus est, avec une méthode participative et démocratique, j'ai bien kiffé et j’ai fini par créer moi aussi un groupe d’appui  local à la candidature de Mélenchon et depuis quelques mois, nous militons avec passion en vue des élections présidentielles.

Le 18 mars, j’ai participé à la fameuse manifestation à Paris, de la Bastille à La République. Je n’étais pas tout seul, nous étions 130 000 !

J’ai suivi, avant et après, les meetings de Jean-Luc Mélenchon  sur You tube, à Lille, au Mans, à Marseille, à Toulouse, sans oublier le fameux meeting holographique à Lyon et Aubervilliers.

Alors, pour le multi-meeting, j’ai décidé d’aller voir son hologramme au Zénith de Nantes.

Au début, les rideaux de séparation étant fermés, j’ai cru qu’on allait nous faire une Fillon : une salle à moitié vide dont les arrières seraient masqués par des rideaux.  Mais l’heure du début approchant, tous les rideaux ont du être ouverts, devant le flot continuel de personnes qui comblaient au fur et à mesure tous les espaces découverts. À la fin la salle était “blindée“.

On a pu alors assister au spectacle, quand même surprenant, de l’hologramme, comme en même temps, on pouvait y assister à Montpellier, à Clermont Ferrand, à Nancy, au Port à la Réunion,   à Grenoble et que Mélenchon prononçait son discours à Dijon où il se trouvait en chair et en os.

Le discours, c’est bien là ce qui a pris le pas sur le spectacle de l’hologramme. Offensif, déterminé, éloquent, pédagogique comme d’habitude, JLM a permis aux gens de comprendre des notions qui parfois, croyaient-ils,  les dépassaient, sur l’économie ou la nature humaine par exemple.

Et l’orateur d’insister sur les notions de solidarité, de coopération plutôt que de compétition, jusqu’à faire reprendre en chœur par les plus de cinq mille participants la devise du pays : Liberté, Égalité, Fraternité, provoquant même ce qu’on peut appeler des transports de liesse.

Alors, d’applaudissements assis en ovations debout, la veste que j’avais sur les genoux a libéré par terre le contenu de sa poche intérieure et en particulier mon portefeuille. Je ne m’en suis pas aperçu. C’était là le portefeuille perdu des transports.

Au retour, dans le bus qui me ramenait à La Rochelle, un coup de téléphone m’a réveillé. Un technicien travaillant au Zénith m’avertissait qu’il avait retrouvé mon portefeuille et me proposait de le renvoyer à mon adresse. Chapeau monsieur ! À l’intérieur, se trouvaient ma carte d’identité, mon permis de conduire et d’autres papiers, mais aussi une carte bleue et 60 euros en liquide.

J’ai reçu ce matin le colis par la poste et rien ne manquait.

J’ai voulu remercier cet inconnu si honnête par téléphone  mais, m’a-t-il répondu,  “C’est normal, parce que bien que présent par obligation professionnelle au Zénith, j’ai été ému par le meeting et j’y ai trouvé de bonnes sensations !“

Alors, merci à lui et merci aussi au ministère de Mélenchon ! La solidarité qu’il a prônée n’est pas un vain mot !

Nous nous sommes bien retrouvés !

Commenter cet article