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Élections, pièges à cons ?

Publié le par rue du blogule rouge

C’était depuis longtemps écrit. Les médias l’avaient, il y a belle lurette, décidé ainsi. Au point que beaucoup se sont réveillés ce matin avec un goût dans la bouche de tout pourri et la claire impression d’avoir été pris –restons polis- pour des otages dans cette élection !

Son résultat, s’il est bon pour Macron, l’est aussi pour les Blancs, les Nuls et les Abstentions : 20 700 000 voix pour Macron, 12 000 000 d’abstentions, 10 600 000 voix pour Le Pen et 4 000 000 de blancs et nuls !

Mais que dire donc, après cette élection de Macron ? Ce ne fut pas un séisme, pas un tsunami, et personne ne s’attend maintenant à une Révolution. Il ne suffit pas de signer un livre ainsi titré pour le mériter ! On le sait par avance, c’est annoncé, le monde politique ne va pas vraiment changer.

Non, on est tout juste satisfait que la Madame Le Pen, elle, la F haine, ne soit pas passée. D’ailleurs, si elle a échoué, c’est peut-être qu’au dernier moment, nombreux parmi ses électeurs déclarés ont réalisé qu’elle était partie intégrante du système qu’elle faisait mine de dénoncer.

Eux disaient : “Rien à péter, tous pourris, je vais voter FN et ça va dégager“. Mais finalement, ils l’ont vue se soustraire à la justice en invoquant son immunité, opérer sur un coin de table des petits arrangements entre faux ennemis avec Dupont-Aignant, montrer son agressivité et sa vacuité lors d’un débat télévisé. Et sans doute certains se sont-ils dit : “tous pourris, elle aussi !“

Sur les plateaux de télévision, hier au soir, on avait un goût de déjà vu un peu rance. Que des jeunes premiers : Bayrou côtoyait Royal, de Villepinte se frottait à Le Maire et d’autres comme eux, de première fraîcheur toute relative, ou autour de la date de péremption. Tous ciraient les pompes du juvénil Macron. C’est que, malgré tout, voyez-vous, la soupe est peut-être encore bonne, en tous les cas, quel que soit le pot, elle y est servie et toutes les couleuvres peuvent être avalées pourvu qu’on ait l’ivresse !

D’ailleurs, j’ai entendu une très fine analyse de Ségolène Royal après laquelle j’ai éteint la télé car tout était dit : “Nous assistons, a-t-elle expliqué, à un changement de génération“. Vous avez bien entendu, elle n’a pas dit “à un changement de politique“, mais bien “de génération“. Et c’est tout.

Qu’avons-nous désormais à espérer ?

Rien, la politique de Hollande va continuer avec l’héritier. Rien, sinon une aggravation de la situation :

Vous avez aimé Hollande et sa guerre contre la grande finance ?

Vous allez adorer Macron et sa défense des grands banquiers !

Vous avez aimé Valls et son 49-3 ?

Vous allez adorer Macron et ses ordonnances.

Vous avez aimé la loi travail d’El Khomri et –déjà- la loi Macron ?

Vous allez adorer la casse du code du travail au bénéfice exclusif des patrons, avec la fin des 35 h ; la casse du service public avec le non-remplacement de 120 000 fonctionnaires ; l’austérité prônée par l’Europe et les économies programmées de 60 milliards d’euros ; la suppression de la taxe d’habitation compensée par la hausse de la CSG ; j’en passe et des meilleures.

Il va donc falloir se battre comme jamais contre cette politique libérale. Beaucoup en sont  conscients.

La prochaine échéance politique, celle des élections législatives, va donc revêtir une importance particulière. Elle permettra ou non à Macron de poursuivre dans la voie tracée par Sarkhollanvalls. Il lui faudra en effet une majorité pour gouverner. L’obtiendra-t-il de l’alliance des Républicains avec le PS traître actuel ?  Que feront les caciques du PS ? Comment les Français vont-ils traduire dans les urnes des législatives la volonté de plus de 20% d’entre eux de changer de politique ?

Les candidats aux législatives de la France insoumise s’engagent sur les mesures annoncées du programme “l’Avenir en commun“ et signent la charte Anticor de moralisation de la vie publique.

Eux ne se compromettront pas dans des accords foireux pour le gain de quelques places d’élus.

Eux ne vous piègeront pas et ne vous prendront pas pour otages –pour rester polis- dans cette élection.

Eux se battront contre la politique réactionnaire En Marche et constitueront un point d’appui solide pour les inévitables luttes à venir.

Ils sont,  désormais, notre seule planche de salut.

 

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