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Visite guidée de la maison des législatives

Publié le par rue du blogule rouge

Venez donc avec moi visiter cette bâtisse. Franchissons d’abord le jardin sans tenir compte de la murette d’enceinte où des grapheurs indélicats ont tagué rageusement en grandes lettres noires le fameux dicton : “élections, pièges à cons“ et poussons la porte.

On pénètre dans le hall d’entrée : pas de surprise. Il est sobre et décoré aux murs de slogans neutres comme : “Allô, quoi ! Allez voter, quoi !“ ou “Un citoyen, ça vote énormément“, ou encore, “Une démocratie sans scrutin, c’est comme un prolo sans turbin“ ! 

Première porte à droite, complètement à droite même et dans le petit coin, à sentir la lancinante fragance qui en émane, évidemment, c’est les cagoinces. C’est là que, jusqu’ici, trônaient les comploteurs du F-Haine. Mais, depuis que la dernière lignée de nos cheffaillons, les Sarkhofillon et les Vallshollande, leur ont permis d’être plus présentables, ils ont   déménagé dans l’arrière cuisine, la souillarde, où on les trouvera désormais à l’affût, prêts à chasser le démocrate et l'étranger à l’agachon.

De cette entrée dont nous parlions, partent, opposés l’un à l’autre,  deux corridors.

Le premier mène à la cuisine, justement. C’est une petite pièce sombre où il est fort difficile d’accéder car elle est très encombrée. On trouve en effet là, sur le passage, pléthore de maquignons de tous bords, surtout de droite ou alors de droite. Pêle-mêle, des républicains, des centristes, des macronistes, des socialistes et même quelques communistes, englués comme des mouches sur un papier collant, tous attirés par l’odeur alléchante de la soupe, passant leur temps à réclamer la gamelle. Et bien qu’immobiles, tous se disent en marche.

Pour ceux qui réussissent à se faufiler dans la pièce elle-même, ils s’agenouillent devant ceux qui, très affairés sur un coin de table, la toque de travers, le crayon sur l’oreille et l’invective à la bouche en cœur, grands chefs cuistots autoproclamés ou adoubés par les financiers, tous partis mêlés, vont cuisiner leur destin et assaisonner leur sort. D’ailleurs, derrière eux, sonnantes ou trébuchantes, ils ne manquent ni de casseroles ni de casseroles !

Écoutez-les susurrer à leur voisin : “Si tu veux, je te donne la 3ème et tu me refiles la 4ème. Le copain de la belle sœur de mon oncle s’y présente et  je voudrais bien lui faire une fleur.  Une rose, par exemple.

  • Une rose ? Mais bleue, alors, la rose ! gueule t-on depuis l’arrière cuisine.
  • Bleue ? Vas te faire voir ! Ou alors, tu me refiles le sel et je te passe le poivre en échange ! Et la moutarde leur monte au nez comme l’écume à la bouche.

Laissons-les à leur tambouille.

L’autre couloir mène au séjour législatif. Il semble plus calme, plus serein. N’y accèdent que des gens normaux de la société normale, même s’ils paraissent un peu têtus. Ils semblent discuter autour d’un texte qu’ils nomment “programme“ et non “recette électorale“ comme les précédents. Ils ont l’air décidé de ceux qui résistent parce qu’ils savent où ils veulent aller.

D’aucuns les nomment  même les “insoumis“ !

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