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Touchez pas au grisbi !

Publié le par rue du blogule rouge

Touchez pas au grisbi !

La subtilité cachée du programme économique de l'Avenir en commun

ou

Pourquoi les libéraux ont été terrifiés à l'idée que Mélenchon puisse être élu ?

 

Les économistes du programme “l'Avenir en commun“ ont fort bien travaillé !

À telle enseigne qu'aucun contradicteur n'est parvenu à décrédibiliser leur projet. Pourtant, ils sont allés loin dans ce programme ; si loin qu'ils ont remis en question le système monétaire actuel, véritable colonne vertébrale du néolibéralisme !

Ce système, aussi vieux que le capitalisme lui-même, est très mal compris du grand public, voire même de beaucoup de ceux qui ont voté pour la France insoumise.

Rappelons-en quelques caractéristiques : ce système monétaire est basé sur ce que certains nomment “l'argent-dette“. Les gens ne le savent généralement pas mais 95% de la monnaie à travers le monde sont créés par ce système de la dette, les 5% restants étant du fiduciaire (les pièces et les billets).

Ainsi, quand on va voir son banquier pour lui demander un prêt de 100 000 € pour acheter, par exemple, une maison, la banque créée, littéralement ex-nihilo, cette somme, par une simple écriture comptable dans son bilan. Au passage, la banque n'aura pas oublié d'inscrire les garanties dans son actif ainsi que de prendre des intérêts sur le prêt.

Donc, la banque a créé 100 000 € qui vont circuler dans l'économie réelle et ces 100 000 €, si tout va bien, seront remboursés (le remboursement étant de la destruction monétaire), alors que les intérêts, pris à taux moyen sur 20 ans en moyenne, créeront un autre 100 000 €, cette fois au profit exclusif de la banque qui a prêté. 

À ce stade, les gens qui viennent de comprendre ce mécanisme sont stupéfaits.

Ce mécanisme fonctionne pour les particuliers comme pour les entreprises ou les États.

Rappelons aussi que l'usure (le fait de “faire de l'argent“ avec de l'argent) a été considérée pendant très longtemps comme un péché capital (sans jeu de mot).

À tout ceci vous ajoutez la directive Maastricht 92 qui oblige les États de l'Union à emprunter uniquement sur les marchés et non plus à leur banque centrale (à taux zéro) comme c'était le cas régulièrement dans un passé pas si lointain.

Vous obtenez là un cocktail explosif qui forme une masse monétaire absolument disproportionnée par rapport aux besoins de l'économie réelle et qui entraîne des dérives spéculatrices considérables.

Alors, qu'ont proposé les économistes de l'Avenir en commun ?

L'État n'empruntera plus sur les marchés mais uniquement via sa banque publique d'investissement (BPI) et à taux zéro.

À ce moment précis, les “marchés financiers“ se sont mis à transpirer, mais là où ils ont réellement suffoqué, c'est quand ils ont fini par comprendre qu'on allait finir par remettre en cause ce fameux système monétaire tellement chéri par la finance internationale.

En effet, quand Mélenchon s'est mis à parler de planification des investissements pour, notamment, assurer la transition énergétique, il n'a pas dit autre chose que : "nous créerons de la monnaie au rythme des investissements nécessaires et à proportion des contreparties matérielles créées (infrastructures, éoliennes, etc.)". 

C'est ce qui explique d'ailleurs que l'inflation reste sous maîtrise dans l'Avenir en commun.

Voilà pourquoi les marchés et les libéraux se sont affolés dans la période où les sondages montraient l'ascension de Mélenchon dans les quelques jours qui ont précédé le 1er tour.

Voilà aussi pourquoi l'Avenir en commun est un programme si salutaire !

 

Pascal Bouyssou, le 23/06/2017

 

 

 

 

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