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L'émancipation humaine en tête

Publié le par rue du blogule rouge

9ème et dernier chapitre du programme du Front de Gauche, "l'humain d'abord"

 

Agir tout de suite :

  • Abrogation de loi 2003 sur l’assurance-chômage des intermittents du spectacle et création d’un système mutualisé pérenne
  • Un plan de recrutement dans l’éducation nationale
  • Suppression de la loi LRU et du pacte pour la recherche

Agir pour un changement durable :

  • 1% du PIB consacré à l’art, la culture et la création
  • Loi contre les concentrations dans les médias et pour défendre la presse d’opinion
  • Adoption d’une loi cadre sur le sport

 

 

PARTAGER LES SAVOIRS

 

Nous combattrons la mise en concurrence des établissements et re- viendrons sur toutes les mesures qui visent sous couvert d’autonomie à instituer un marché de l’éducation. Nous affirmons la nécessité d’une politique nationale de l’éducation dans une logique de service public, pour une véritable gratuité et égalité d’accès aux savoirs sur tout le territoire. Nous agirons concrètement pour que la production de connaissances et la formation soient libérées de la logique du marché et de la rentabilité financière et permettent l’établissement d’une culture scolaire commune pour tous par l’appropriation de savoirs ambitieux.


Nous construirons une école émancipatrice qui permette l’élévation pour tous du niveau de l’acquisition des savoirs et des qualifications reconnues. Pour ce faire, nous allongerons le temps scolaire : droit à la scolarité dès 2 ans, scolarité obligatoire de 3 à 18 ans.


Pour combattre son éclatement, nous relancerons le défi d’une école qui élève pour toutes et pour tous le niveau des connaissances communes et prépare les élèves – par des pédagogies différenciées – à poursuivre leurs études jusqu’à 18 ans et le plus possible au-delà du lycée. Nous repenserons la progressivité entre les niveaux d’études, en préservant la cohérence des disciplines comme cadre d’une réflexion émancipatrice sur la construction de savoirs qui permettent de penser le monde.


Nous redéfinirons les programmes, et plus globalement l’école, sur le modèle de l’élève qui n’a que l’école pour apprendre. Le soutien scolaire sera assuré par le service public de l’Education nationale.


Nous soutiendrons la relance de la recherche en éducation, le dé- veloppement de la formation initiale et continue, et la création de temps d’échanges pédagogiques dans les établissements.


Nous lancerons un plan de lutte contre les inégalités sociales à l’école. Nous mettrons en place des observatoires des inégalités rassemblant dans les territoires des élus, des parents, des enseignants, l’ensemble des personnels de l’éducation nationale et des élèves à partir du collège ainsi que des personnalités associées. Les représentants des personnels constitueront 50 % de ces observatoires. Nous soutiendrons les projets des communautés scolaires qui créent les conditions d’une vie de l’établissement contribuant à la réussite scolaire. Nous rétablirons une nouvelle sectorisation scolaire avec plus de moyens pour les établissements qui en ont le plus besoin.


Nous stopperons les suppressions de postes et engagerons un plan de recrutement dans l’Éducation nationale sous statut de la Fonction publique d’État rétablissant, notamment, tous les postes supprimés. Nous développerons le pré-recrutement des enseignants pour que cette profession reste accessible à tous les milieux sociaux, quel que soit le niveau de recrutement. Nous rétablirons les postes de conseillers d’orientation psychologues et procèderont à des recrutements pour que tous les jeunes aient accès au service public d’orientation. Les RASED seront rétablis dans leurs moyens.


L’investissement de l’État dans l’enseignement professionnel sera augmenté de 50 % pour que les enseignements techniques profes- sionnels et généraux soient d’égale qualité.


Nous garantirons le droit à une qualification égale pour ceux qui ont suivi une même formation : défense du cadre national des diplômes, validation de toutes les années d’étude dans les conventions collectives.


Dans l’enseignement supérieur, la loi LRU sera abrogée. Tous les enseignants-chercheurs pourront participer à la recherche ; un statut du doctorant sera instauré. Les bourses seront augmentées de façon significative, tous les étudiants et les jeunes majeurs en formation bé- néficieront du système de droits sociaux piloté par le CNOUS.


Nous abrogerons le Pacte pour la recherche et nous mettrons un terme aux activités de l’AERES. Un effort budgétaire massif sera entrepris en faveur de la recherche publique.


Au côté du CNRS, nous créerons un établissement public de recherche technologique et industrielle s’appuyant sur les éléments régionaux existants et doté de structures analogues à celles du CNRS. Ce dernier, quant à lui, sera rétabli dans la diversité de ses disciplines au service de toutes les recherches et de toutes les sciences.


Ces instances doivent pouvoir effectuer leur travail de recherche en toute indépendance, dans tous les domaines et donner un avis public sur les décisions du gouvernement qui lui devra réponse. Les moyens publics de la recherche seront garantis et l’apport de contributions privées sur la base de principes d’intérêt généraux développé.


Les travaux des chercheuses et des chercheurs de ces instances se- ront évalués par leurs pairs, sur la base de leur travail de recherche et non sur des publications d’articles dans des revues pré-sélectionnées en fonction d’intérêts privés. Les « labellisations », outils de dis- crimination, seront abandonnées.

 

 

SPORT

 

Nous garantirons l’accès de chacune et de chacun à la pratique sportive de son choix tout au long de la vie et donneront au mouvement sportif les moyens d’accomplir ses missions de service public.


Nous assurerons la complémentarité entre l’éducation physique et sportive à l’école, le sport associatif et le sport en entreprise.


Nous défendons une organisation du sport en France qui garantisse

les liens de solidarité et de concertation entre le sport pour tous et le sport de haut niveau, les secteurs amateur et professionnel par la mutualisation des moyens financiers, matériels et humains au sein du système fédéral.


Nous déclarerons le sport comme relevant d’une mission de service public appuyé sur les quatre piliers du modèle sportif français :


• L’éducation physique et sportive obligatoire de la maternelle à l’université sera assurée par des enseignants spécialisés, sa durée ira de 3h00 à 5h00 par semaine.

• Nous redonnerons les moyens nécessaires à un véritable Ministère des sports avec ses services déconcentrés et ses établissements publics pour qu’ils réalisent leurs missions sur l’ensemble du territoire. Nous rétablirons au moins un CREPS par région et porterons le budget de ce ministère à 1% du budget national.

• Nous maintiendrons la compétence sport pour toutes les collectivités territoriales et le financement croisé des installations sportives. Nous engagerons, avec ces collectivités un plan national d’urgence pour la construction et la rénovation des installations sportives.

• Nous renfoncerons les moyens nécessaires aux fédérations sportives et au CNOSF pour assurer leurs missions de service public et leur fonctionnement démocratique, notamment par l’adoption d’un statut du bénévole et l’accès des femmes aux responsabilités dirigeantes.

 

Nous lancerons un plan national d’accès à toutes les pratiques sportives pour toutes et tous s’appuyant sur un soutien actif : aux familles à travers une aide assurée par la CAF, à la pratique féminine et aux pratiques mixtes, à la diversité des pratiques sportives, au « sport/santé », à l’accessibilité aux personnes handicapées et aux associations sportives en entreprise.


En collaboration avec le ministère de l’éducation populaire (voir page 8) nous développerons l’action des centres régionaux d’éducation populaire et de sport (CREPS).


Nous proposerons l’adoption d’une loi cadre sur le sport réaffirmant l’unicité du sport, définissant les principes de l’action publique et re- connaissant le rôle de chaque collectivité et du mouvement sportif dans cette action. Dans cet esprit, nous créerons avec le mouvement sportif une conférence nationale du sport rassemblant tous les partenaires sociaux et économiques du sport et nous impulserons des instances de concertation, de réflexion et d’évaluation permanentes à chaque échelon du territoire.


Nous refuserons toutes formes de défiscalisation et de réduction de cotisations sociales sur les revenus des sportifs professionnels.


Nous abrogerons la loi sur l’ouverture au marché des paris sportifs en ligne et nous augmenterons significativement la « taxe Buffet » sur les droits de diffusion des manifestations sportives à la télévision.


Nous modifierons la loi sur les retransmissions télévisées pour que les manifestations sportives féminines d’une importance majeure soient traitées de la même manière que les manifestations sportives masculines. D’une manière générale nous mettrons en place un cahier des charges pour les organismes d’information et les médias, qui permette d’exiger le respect d’un sport respectueux de l’être humain porteur d’une éthique et de valeurs éducatives condamnant toutes formes de tricherie, de dopage, de violence, de corruption et de discriminations (racisme, homophobie, xénophobie, sexisme).


La France agira pour un sport vecteur de paix et de solidarité in- ternationale, notamment à l’occasion des grandes manifestations nationales et internationales et de celles de l’olympisme. Elle agira pour la libre circulation des athlètes dans le monde et l’élimination de tout trafic mondial des jeunes athlètes. Elle renforcera la coopération internationale pour le développement du sport dans les pays en voie de développement.

 

 

ART, CULTURE, PRATIQUES CULTURELLES


Nous abrogerons la réforme 2003 de l’assurance chômage des in- termittents qui sera remplacée par un système mutualisé pérenne et équitable.


Nous stopperons le processus de marchandisation du service public de la culture et les directives de RGPP.


Nous ouvrirons une négociation pour une loi d’orientation et de pro- grammation budgétaire prenant le parti de l’art et de la création comme préalable à l’appropriation des œuvres par la population toute entière, affirmant la responsabilité publique partagée et se donnant l’objectif de porter l’effort public à 1% du PIB.


Nous agirons pour la diversité culturelle dans le cadre de la convention adoptée par l’UNESCO et défendrons l’exception culturelle au sein de l’OMC.


Nous installerons dans les établissements scolaires une véritable édu- cation artistique et des résidences d’artistes pour développer les pra- tiques artistiques.


Nous abrogerons la loi HADOPI et initierons une plate-forme publique de téléchargement qui permettra la mise à disposition de créations librement téléchargeables et la rémunération des créateurs par une mise à contribution des fournisseurs d’accès et des opérateurs de télécommunication.


Nous proposerons une loi contre les concentrations dans les médias pour les libérer des logiques financières et du diktat de l’audimat afin de leur permettre d’accomplir leurs missions : pluralisme de l’information, culture et divertissement. Nous refondrons un véritable pôle public des médias et garantirons l’existence des médias associatifs et de la presse d’opinion.


Nous créerons un Conseil national des médias composé d’élus, de professionnels et de représentants des usagers, chargé de veiller au respect de la responsabilité publique et nationale, et de favoriser la création de coopératives de presse ainsi que la diversification des programmes et de la pédagogie dans les écoles de journalisme.

 

 

LE DROIT À LA VILLE


Nous voulons faire de la ville un espace commun du bien vivre en- semble dans lequel chacun et chacune peut accomplir ses projets personnels, familiaux ou sociaux grâce à l’organisation partagée des espaces de vie.


La construction du service public national et décentralisé du loge- ment, de l’habitat et de la ville, permettra de réaffirmer le rôle majeur d’un patrimoine locatif public, de faire vivre et garantir le droit au logement pour tous, partout et à tous les moments de la vie.


Nous élaborerons une politique de développement global du territoire dépassant le cadre de la politique du logement à laquelle le droit à la ville ne doit pas être réduit. Les politiques d’emploi, d’éducation, de santé publique, de transport, de culture, de sport, devront contribuer à faire de la ville un espace d’épanouissement personnel et familial. Ce sont les conditions indispensables pour construire des quartiers équilibrés qui ne soient pas uniquement résidentiels ou dortoirs, mais de vrais quartiers de vie, avec des logements, de l’activité économique, de l’emploi, des équipements publics et privés de proximité, des lieux de loisirs et d’accès à la culture.


Pour construire cette ville partagée, nous mettrons fin aux politiques ciblées (zonages des quartiers dits sensibles, empilés les uns sur les autres, traitement stigmatisant de publics ciblés). Le Ministère à la Ville sera supprimé et les politiques de droit commun réorientées vers l’accès au droit à la ville pour tous, deviendront la priorité. Cela permettra de garantir la mixité sociale et de lutter contre la ghettoïsation.


Les politiques urbaines et de l’habitat devront concourir à cet objectif pour une conception nouvelle de la ville, dense, ouverte, humaine, écologique (respectueuse de l’environnement et comportant des lieux de respiration), une ville favorisant la cohésion entre les habitants et le vivre ensemble.


Ces politiques seront débattues obligatoirement dans les collectivités pour permettre l’implication des habitants, des associations et des élus qui seule garantira la qualité des projets à même de combattre la ségrégation spatiale et la ghettoïsation et d’affirmer la mixité.

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